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jeudi 29 janvier 2009

Des araignées glacées dans un puits sans fin


Première coiffure de giroflée rassurante
Un voile d’une fée au feu fatigué
Libre et luisante
Lassée d’un air salubre
Et deux mèches fragmentaires
Et front délavé

Chaque souffle de cette impure tempête
Nous caressons tes temps acides
Aussi chaudes aussi utiles

Des couronnes inermes
Cette fièvre intacte des beaux jours
Ta beauté délivrée
Et mon espoir imparfait

Te voir sensible au silence
Araignée sur ta peau collée
Tant de lettres que tu mêles au sang
Parmi tant de flammes séparées

Tu caches mon bûcher de glu sans bruit
Cœur gelé que tu ignores les dimanches
Lueurs illimitées par grandes brassées
Un reste de rêve piétiné

Pour un hiver partagé dans la poussière des animaux

………
tout pour
ta beauté
délivrée
…………

mardi 2 décembre 2008

Des chiwawas baignés de lumière vespérale

Canal de suie en plein feu cardinal
Un badge hexagonal sur un cou figuratif
Tous les phénomènes ignorés
Des reflets et des jeux nouveaux

Je garde en vain ton odeur d’électron
Eau et peau simultanément automnales
Et une fausse nuque de calcaire immobile
Le refus d’un propos clair
Sur la vie d’un citron évidé

La rive unifiée opulente et variée
La rive universelle violemment vide
Et une germination sur un océan indigne
Loin des forêts initiales de bambous

La température impériale
Ces saisons géologiques et botaniques
Qui font fuir tes aventuriers naturels
Les doigts trempés d’un or malsain

Une averse bouillante expulse de tardifs oiseleurs
Et la voilure des vaisseaux hydratés

Tu te mêles au jour et tu lis

langage chatoyant
de l’autre côté de l’élément

……………….
une expédition
mexicaine
……………….

vendredi 7 novembre 2008

La tête remplie de lysimaques coupantes


bloc pétrifié de lettres ternées
œil rivé aux écrans bicentenaires
et ton pouls battant aux temps mouillées
voici la voyelle qui dérange
voici ton espace insécable

las sanglots et les grimaces
malicieux
les claviers incendiés de lave
sous un tendon
douloureux

un opus cité plus haut
la source des fruits qui se glace
des petites capitales fraternelles
clouées dans une aveuglante ardoise

des dentelles oubliées
ton parfum répandu sur une chaise
des humeurs amarrées aux rideaux
mauvais miroirs

le visible désir d’orange
pareil à un chagrin offert
une envie de vautour solide
une envie de blanc de lait

coquilles bilobées dans des paraphes
la surprise des constructions démodées
en secouant des muscaris monstrueux
en corrigeant des cahiers hydratés

d’authentiques inspecteurs d’académies

siamois

………………..
le déclin
de ton
sommeil
………………

samedi 11 octobre 2008

La poussière fécondante d’un coréopsis à feuilles radicales


feuilles palustres plus nues qu’odorantes
fond d’un chocolat ovoïde qui se gaufre
nous ne secouons que des touffes d’agathées
les yeux aveuglés de gais insectes

voici l’horizon qui s’éclaircit
tu ramènes des bougies sonores
et mille dômes aux images
précieuses

un besoin de hautes murailles
bouche déflorée et ivresse démesurée
sève au cou et serin
à la main

la chaleur intérieure dérègle une auréole
un premier cantique nocturne en équilibre
un parc limpide pour rêver sans pudeur
à un torse unique le sein délivré

l’eau abstraite qui gagne ton ventre
en une nuit toute la peau tourmentée
les plaintes les regards les frissons

tes pas dans le bruit des poussières
décor et des chairs
alourdis d’un seul désir

celui

de te contempler à l’infini
au matin pour les algues que tu portes
au soir pour les couronnes que tu ôtes

toute l’odeur du monde dès l’aurore
et le souvenir de ta poitrine tranquille
la présence de verveine sur un front sage
cou gelé pour des libellules errantes

un fragile bouquet de coréopsis
dans une couveuse
et je ne m’échapperai jamais
de ton visage digne

de ton corps désirable
que tu caches indéfiniment

………………………..
désespérément
………………………

mardi 7 octobre 2008

Effrayants cosaques dans une datcha partiellement hypothéquée

coupoles dorées et collines glacées
le silence des alphabets du premier jour
un mont aux moineaux empoisonnés
en rang de perles dans un œuf négligé

bocaux d’amandes marinées
et bouleaux nourris de chant
liturgique

tout ton visage vaporeux
qui se retire
un souvenir d’une relique
sauvée d’une pieuse
cité

sereine apaisée saillante
comme une prisonnière aux cheveux métalliques
couvre-toi de cendres impalpables

oiseau insensibilisé
gorgé de racines aromatiques
enlacées aux piliers enluminés de saints

voici une place rouge constellée de cônes visionnaires
ta chair douce qui manque
ton bracelet de roseaux qui manque

tu revêts enfin un cristal interminable

rue gorki
rue arbat

……………….
révolution
d’octobre
………………..

samedi 20 septembre 2008

Insecte crispé à prendre avec une petite pince


Lecture dispersée autour d’un astre utile
Tu découvres un sang abandonné
Dans ta maison préparée d’aster ignorées

Murs déchirés et pluie hésitante
Tes doigts en corymbe récompensés
Tes doigts crispés à un corset pittoresque

Voix amplifiée geste agité
Caprice passager entre deux iris
Impérissables

Des joues seules impénétrables
Une lèvre seule immaculée
Aux heures bénies caressantes

Union opaque ou incertaine
Des phrases solidaires
Des mangeurs de glumes

Ta vie à la saveur d’éther
Folie généreuse rendue aux fauves
Un lait tendre répandu sur du lin

Et des monstres dépliés qui ne brûlent plus

Qu’importe la blancheur de ton cou
Mes désirs s’enferment
Une page qui brûle
Une plaine qui rêve
Et qui fait mûrir un épi

…………..
après-midi
de miel
……………

samedi 6 septembre 2008

Une promesse de mousseline de cassis


Légère et couronnée dans une chemise ôtée
Cette précaution à teinter les ipomées
Pour trembler immaculée et rêveuse
Sur un lit d'ansérines ligotées

Des vêtements sacrés pour ne pas blesser
Les orobes pourprés qui disparaissent
Et toi qui règne
Délivrée

Autour d'un cou nouveau
Enfance achevée au mouvement maladroit
Une lointaine source inutile
Entre tes jambes comme un oiseau
Et tous tes doigts tachés de giroflée

Voix vivante qui répète
Des abeilles qui séparent ton lit
Et ta bouche immobile qui dessine
Des amarantes d'argile gelée

Sortir d'un songe

........................
pour une
perspective
d'un déjeuner
.........................

(au Dôme du Marais)

vendredi 5 septembre 2008

Pistache amère posée à l'envers


Alerte et étonnée pour un simple mot qui manque
Tu accroches de la glace à un cheveu acajou
Cherchant le poids d’une ortie lancinante
La tête remplie de mouches silencieuses

Découpe cet aiguillon de sauterelle
La chair décente aux dimensions éprouvées
Ton front peut se couvrir de racines salines

Et ta beauté ignorée peut s’étaler
Transparente comme une épée

……………
incendie
dans un
pistachier
…………..

mardi 2 septembre 2008

Des coquillages trempés d’un lait tiède


C’est une bague fondue dans un bain de chenilles
Chenilles pourpres inondées de plomb
C’est une branche insensible dans un gouffre aéré
………………………………………………
C’est pour une boîte d’amandes tiédies
Jetée dans un puits fané
Qu’elle porte ce collier afghan
De coquillages trempés de lait oublié
……………………………………………..
Elle se pare de palmes indécentes
Toujours éblouie effrontément
Et baignée d’aiguilles grillées
Sous des lumières parallèles
…………………………………………………
Un geste ouvert dès son retour de la mer
Vêtement satisfait couvert de plaisir
Un bras mouillé étrangement blanc
Et un sein plat enveloppé de raisin aigre

Voici que tombe la foudre étonnante
Avec hâte et chaleur précieuse

……………..
le souci
du retour
………………..

mardi 8 juillet 2008

Soucieuse de pierreries tailladées


Avec un sirop de sable
Qui colle

Et un habit qui brûle un jour de suie

Des fruits de plein air
Aux heures féroces
D’un midi

Dans les lianes de son corset
Le temps se bat
Le miel se lustre

Tout un corps disparu
Derrière ce caillou

Il n’y a que neige mûre
Masquée d’une laine molle
Et des mots qui se répètent
En écho dans un faîteau

Harcèlement de lumière
Qui aiguillonne cette envie
Une maîtresse qui bâillonne
Timide coup de fouet
Chaud

Cette resplendissante
Dans un vêtement unique
Ni de mousse ni d’herbes grillées
Ni de tendres insectes
Nue pour un plaisir défendu

………………………
l’art d’agencer
son jardin
………………………..

lundi 16 juin 2008

Cueilleuse de sommeil disparu


rivière plate à l’heure des bains invisibles
qui colle aux vitres inutiles
là où la nuit s’infiltre
prisonnière d’une boue embaumée

bec parfait au crépuscule venteux
buste parfait un bref instant
et de grands bavardages
aux fenêtres bousculées de sommeil

à manger des nuages fatigués
d’un pays aux fruits dangereux
où les mots se noient dans du vent
à décrire des murs de bruits
et enfin couverte d’un glu immangeable

elle

pour des bouquets d’érables ardents
là où des moustiques s’ennuient
sur un bras fardé de lin froid
un besoin d’été simple

seulement

vêtue d’un verre clair
d’une hermine à miroir
et d’une bague dominicale

……………………………
retour de voyage
…………………………..

mardi 27 mai 2008

Sa vie

Ombelles d’alliums qui fondent sous les draps
Ventre humide qu’on imagine de miel
Pour d’immenses champs d’hellébores
Qu’elle brûle habillée de bulbes

Cette femme que j’espérais glacée
Trempe son vin léger de feuilles grillées

Son tissu décoratif aux odeurs de falaises
Se fane dans d’immenses cryptes sacrées
Où se balancent des prêles mortelles

C’est sa vie

Sans souci du désir des ombres
Sans songer à plaire aux hommes
Désertée par les lupins
Mais auréolée pour l’éternité

Entre deux livres vertueux sauvés d’une tempête
Qu’elle conserve dans une mousse de capucine
Ce sont ses mains qui redonnent la vie
Aux digitales endormies

Il y a longtemps que d’inoffensives chenilles
Recouvrent ses seins gourmands
Il y a longtemps qu’elle déraisonne mon sommeil
À vivre à vif couronnée de roses pures
Roussie rougie indifférente aux rêves odorants
Mais riche de mots fiévreux

et

…………
je ne l’ai
jamais
vue que
couverte
d’icônes
…………..

vendredi 16 mai 2008

Sa chemise orange


Frais arbustes cachés sous des chenilles veloutées
Toujours à la même marée
Qui éteint les lampes du marronnier

Vêtement de pivoines immobiles
Foncé froissé au parfum vigoureux
Au plus près des mouches de son corset

Un à un des sagittaires qui s’échappent
Un à un des cheveux nonchalants qui s’envolent
Pour de longs instants hors de vue

Sous les plis des fritillaires que la chaleur accable
Sur les manches l’empreinte des coréopsis lumineux
Et elle offre aux hommes son passionnaire du jour

…………………..
toujours
vêtue de
fruits
…………………..

mardi 6 mai 2008

Sa coiffure

L’éclat d’un sourire en myrtille qui tache mon doigt
S’évanouit parmi des odeurs d’acajou
Fondues sur une coquille de papier

Et c’est le temps qui s’ouvre sur sa chair légère
Et c’est la poudre chaude avant un bain de roses
Un rideau d’azur un îlot d’étain
Un navire sur un cheveu qui retrouve son éclair
Et qui va de ruche en ruche découper un fruit

Loin des cendres
Ravagées de feuilles émiettées
Loin des lampes
Coiffées de foudre délicate

et le sang sur son visage
et la glace sur mes yeux

.........................
ravivent tout
........................

mercredi 7 novembre 2007

Son collier bleu et blanc

D'écume et de ciel vêtue
Des mains remplies de poupées
Des mains de silex sur des lèvres mûres
Disparues au moindre cri de l'automne


C'est une femme qui aime
Loin des fenêtres de fourrure
Et des bouleaux blancs d'un pays
Traversé de vagues et de feuilles


C'est sur son corsage serein
Un diadème ouvert comme un coquillage
C'est sa part nourricière
Celle qu'elle m'offre en écho


Pour fuir un jour obstiné
Rempli de promesses de paille
D'espace
Entre le pollen frais


Et une moisson de rubis
Qu'elle porte au cou
Les seins aigus à peine sacrifiés


mais au delà
………………..
règne
l'interdit
………………..

lundi 8 octobre 2007

À Terrasson-Lavilledieu


crème de noix et fleur rupestre
sourire brûlant et gourmand
mouron rouge récolte d'une nuit
délice d'un temps qui s'éloigne

cherchez son âge
son langage d'alouette
ses mains lustrées d'hermines
son ombre qui s'envole

apparition muette en automne
corolle déchirée qui nourrit son lit
voici l'immensité de la steppe
pour une fillette à la lumière majestueuse

qui résiste
lèvre mouillée
en fermant tous les volets
de ses mains gantées et trempées

…………………..
part de rêve
en dordogne
…………………….

mardi 2 octobre 2007

Ses anglaises


Parmi ses anglaises
Des insectes rouges et silencieux

Et des bijoux de corail indolent
Loin des odeurs des seins laineux

Tranquille dans un bassin de lait
Une nudité constante glacée de rêve

Un regard grand comme un livre
Un geste humide comme le vin

Pour une robe ouverte en été
En elle tout
Est éblouissant

Son odeur de glaise bretonne
Et ses paupières courageuses

………………………
en automne
……………………….

samedi 15 septembre 2007

Sa chemise blanche

Vêtue d’étincelles de cette lueur
Belle et brave au bouquet de lys
Visage oublié et chemise délivrée
Tempes brûlantes à midi

Le vie comme une sève
Mousse et vague ardentes au dessus d’un sein
Nappée d’une herbe glacée
Lissant une chemise découpée

Oubliez les pierres alignées
Son puits infini
Son lit vide
Devant moi cette rivière de bonté

Chaque nuit plus vive
Sans caresses sans dentelles
Sans frisson attendant le plaisir incertain
Nourrie de souvenirs effacés

Là où se trouve une croix
Au bord des paupières
Là où le ciel s’arrête
Au bord de mille icônes

…………………..
enfin
colorées
…………………….

vendredi 1 juin 2007

8 août 2008

Ici elle punit mille poupées russes
Ailleurs elle pleure ses soixante enfants
Elle cherche des chardons en mai
Pour se marier en été

Lourdes étoiles dans les cheveux
Une lèvre limpide invisible
Beauté d’une chair alourdie
Par des années de marées

Parmi les allées des automnes passés
L’ombre des âges maladroits
L’ombre des horloges arrêtées
L’ombre des noces de diamant

……………………………
un jour sans doute
comme un démon
à midi
…………………………….

mercredi 30 mai 2007

Sur le bord d'une fenêtre

Corps illisible dans un monotone jour
De secret en secret dans une lumière légère
Corps par petits pas à la grâce étrangère
À l’âge incertain

Au monde arrêté

Chair utile surgie d’un soir
Douceur d’un bras secoué pressé
Passé d’une ombre à l’autre
Mais seule sa vie compte

Parure de pâquerettes chargée de terre
Le jour de l’indifférence exacte
Le jour d’un frisson amer

Aimer à grelotter
Au seul bonheur d’une présence

……………………………….
qu’elle partage
jusque dans mon rêve
……………………………….