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lundi 15 décembre 2008

La probabilité d’une perception contemplative rassurante


Des montagnes qui s’envolent des dais luxueux
Déserts invisibles à l’air pur renouvelé
Au centre d’un cours d’eau spontané
Et des cœurs remplis de milliers de rires

Du sable échappé d’une prison dorée
Tu dévoiles puis tu effaces
Le son d’un mot répété à l’infini
Et un manteau hybride sous un trône lumineux

Voix délivrées que tu apprivoises
Le jour d’une assemblée aux anges fuyants
Toutes les étreintes que tu provoques
Et qui immobilisent un rayon frissonnant

Sujet disparu devant un objet contemplant
Phénomène collectif sur un paysage hivernal
Nous traversons une mer submergeante
Et un feu embrasé et un ciel d’éclairs

Le décor palpitant d’une estrade au repos
La vision pacifiée d’un monde intermédiaire
Des événements intérieurs impartageables
Et un état d’allégresse profitable

aperception
visionnaire
un jeudi

…………………….
11 décembre
16 h 00
………………………

samedi 15 novembre 2008

La mesure de la lumière soluble à Juan-les-Pins


Le jeu d’une lettre fidèle le soir

Pour un corps affirmé au bon moment
C’est le prestige des actes distribués


Le rythme des palmes bipartites
Et des couronnes monotones
D’un objet conscient allumé dans une maison
Ancienne


Son doigt fin heureux innocent
Sa tempe bruyante ignorante
Vivante


Le besoin de perdre des mains
Le besoin d’éclairer des yeux bourdonnants


Image involontaire qui se forme
Les promesses de tous les instruments aristés
Ni les rires inscrits ni les odeurs en équilibre
Ne cherchent les empreintes des cloches difformes


Mille némésies laciniées qu’elle multiplie
Pour le seul espoir d’allumer un iris rajeuni


Les vents dociles qui s’endorment dans ses cheveux
Le temps de l’enfance détruit de gel fécondant
Et les tendres vertus qui peupleront ses lendemains


…………
amélie
…………

jeudi 30 octobre 2008

De jolis yeux céroïdes

Un masque pour tes phases lunaires
Un pectoral en guise de soleil
Vœux ignorés Vœux intérieurs
Veines fraîches décrochées des pyramides
Desséchées
Dans des jardins de véroniques maritimes

Une nuit tu brûles des anges trempés
Un feu aux fenêtres rouillées
Un cri purifié mêlé aux murmures

et une seule envie

t’envelopper
...........................

lundi 20 octobre 2008

Surprise à danser sur une table ronde

"Apparition du Saint Graal". BNF

Des rives vertes comme au temps des grands coquillages
Des pommes vertes que tu verses dans la foule
Les mains vives trempées de sève
Déchirées d’épines banales et inégales

Une boue futile gâchée de sang
Tous ces rires pressés que tu me laisses
Les grands vendredis involontaires

Rues bruyantes aux fenêtres idéales
La table ronde aux lourds chevaliers
Une plante roulée aux lèvres
Fumées absurdes d’ancolies charnues
Tu réveilles ainsi des femmes endormies

Ta ceinture aux merles mouillés
Tes initiales gravées aux doigts
Une hache teintée d’oxalides

et tu recherches le grand soleil
bouillonnante et baignée

............................
de devis divers
...........................
delphine
..........................

vendredi 17 octobre 2008

La douceur des ailes des mouches japonaises

Errante parmi des feuilles tremblantes
La tête et la niche en balance
À la faveur d’un fin de midi
Voici sa toilette fleurie

Le reflet d’un corps satisfait
Blessé blessant une arme fugitive
Sur un sentier laqué
Et appliquée à aimer
Entre toutes les encres

Vacillantes

La courbe de son visage
La boucle de son doigt
Sûre de séparer des vrais bijoux
Dans un marais boueux
Dans des cieux humides
Dans des cendres isolées

Vivre encore pour secouer des serrures
Et emporter ses bras croisés
Dans un voyage sans fin

inhabituelles secrètes et bleues
les amarantes de ses yeux
toujours

...............................
une rencontre
jeudi après-midi
...............................
rue saint-denis
..............................

mardi 14 octobre 2008

La théorie des lianes sauvages enfin expliquée


Voyez ses yeux ses mystères
Ces fractales sur la pelouse
Le marais les couleurs les cordes
Décolorées
Une première goutte
Interminable
Et ses sourires innombrables
Retrouvés en plein jour
…………………………………………
Univers unique
Un chat brûlant
Et son tricot tout noir
…………………………………………
Ses enfants gelés aux doigts lustrés
Son rubis rouge abandonné
Une chaise une cendre un cheval
Et son rêve intermittent
…………………………………………
Blessure immédiate d’une expression
Approchée
L’oubli d’un espace minuscule et ponctuel
Ses paumes de fraise et d’argile
Violemment délivrées
…………………………………………
Visage multiplié pour un jouet héraldique
Tendresse mutilée et vent de particules
…………………………………………

toutes ses ailes en place
et sa pensée dans la mienne
…………………
christine
…………………

lundi 1 septembre 2008

Corylus cuivré dissimulé derrière un miroir mercurisé

pelure de cédrat sur une peau
peau d'étain parfumée dès l'aube
entre un doigt qui brûle
et cet horizon en flamme

écorce d'un bigaradier écarlate
soigneusement secouée
qui embaume ton peigne

et sortie d'un brasier d'oranges
sanguines
d'un jardin où mille sittelles jaillissent

et coiffée de noisettes éternelles
tu allumes les hellébores
une à une

sagesse de plomb brillant
souvent parée
assise

écrasée d'asters la bouche à l'ombre
aurore striée de crème verdâtre
fleurissante à toute heure
sur des murets énigmatiques
aux couleurs d'étoiles vert
chartreuse

finir de croiser les pulsatiles
à petits pas vers une racine unie
endurcie

et libérer une eau de noix
parmi la violette le murmure
le lilas et les fruits touffus

…………
sophie
en son
jardin
…………..

vendredi 8 août 2008

Châtaignier en flamme sur une table en cire


Fileuse de lin mouillé sur une araignée
Par gorgées intelligentes sous les aiguilles
Brûlée de frissons opposés
Qui obscurcissent mes pensées

Dans les boutons de sa couronne
Douloureux mélanges de troupeaux
Et quelques oiseaux égarés
Couverts d'un iris en acier

Buste innocent orné de bois
De bois en croix

Un jardin ouvert sur une hêtraie bouillonnante
Espace en friche brouillé de vin interdit

Des mirages secoués d'insectes appliqués
Qui pourchassent son voile imaginaire

violence d'une voix

………………………
sophie
à l'arboretum
……………………….

mardi 15 juillet 2008

Bruit de son vêtement sur un prunelier


Aux aguets agile et gourmande
Renard et lézard aux doigts

Pose cette goutte de glu
Porte cette gemme rebelle
Roule sous cette pluie roussie

Tu te coiffes d’hirondelles
La peau rassurante

Et tu te laisses chanter
À travers des îles ordinaires
À peine brillantes
Aux couleurs de coton

Autour du cou

Chargée de fumées indispensables
Tout en lissant des araignées frénétiques
Dans un crépuscule décoré
Tout en secouant des images décharnées

Petits chaussons de zinc vibrant
Couverts de mousse glacée
Tu te vêts au matin de riz coloré
Tour à tour impalpable et volatil

……………
anysia
……………..

lundi 28 avril 2008

Sur la mer


Des chardons pleins les poches et la tête remplie de fumée
Voici l’onde
L’esprit coiffé des restes d’écume
Et des doigts trempés de pomme rouge
Pour des récits où goyavier et cédratier se mêlent
Elle s’enthousiasme des couleurs du soir
Les tympans crevés de roseaux tropicaux

Nos ombres s’enflamment au moindre geste
Au moindre regard
Oubliées des astres un instant
Un visage de petit matin et un nez irisé de miettes de soleil
Indifférente aux champs de pavots sur son cou
Elle mélange les lettres les plumes
Elle marche sur des mots volatils au gré des horloges en papier

Torrents de bonté inépuisable tantôt tourment
Tantôt bouquet de sauterelles grésillantes

à la clarté d’un ciel de cire
où elle laisse ses empreintes de flamme

…………..
nelly
à dix mille pieds
au dessus des mers
………………

(Nelly, restons en contact…)

samedi 26 avril 2008

Rovinj

Beffroi pareil à du satin figé
Que personne ne brûle le soir tombé
Fenêtre saupoudrée de plumes au repos
Gémissante à la ruelle violette


Port fiévreux séparé de la terre
Des îles trempées de mousse brisée
Et cette sérénité absolue d’une rive ambrée
Autour de son bracelet interminable

Elle s’était levée à rebours
Étincelante de coquelicots mous
Au loin ses yeux noyés de mer
Où j’ai vu naître une forêt de cyprès

d’une femme
sans âge

……………..
soizic à rovinj
en istrie
un matin
………………

jeudi 10 avril 2008

Vanessa


Des doigts pareils à des citrons
Posés sur un lit d’oiseaux de mer
Qu’elle fait rouler sur un chariot de fer
Embaumée comme une douce moisson
Innocente chair aux reflets de lézard
Femme nouvelle oubliée des loups
Statue de sang odorant jetée au puits
Semblable à une roche tendue
Bras nu offert aux rêves immobiles
Céramique et papier mêlés au matin
Aux quatre fils transparents
Moitié de fête moitié d’image
Fardée de cendre et d’un rire d’argile
Pour arrêter midi et le vent fin
Pour arrêter mille instants

…………………
le temps de
se connaître
davantage
…………………

mardi 11 décembre 2007

En attendant janvier


Cendres de miroirs dispersées dans une sapinière
Mains boueuses réchauffées à la lueur des astres
Voici son sommeil épais brouillé de chardons évidés
Entre des gouttes de brouillard et des lianes de vignes

Ni les éclairs enchantés de son soulier fin
Ni les bijoux brûlants de sa mousseline diurne
Ne cachent les mandarines que ses doigts portent
Ni ne diluent les grappes limpides de ses épaules

Un univers musical dans son jardin
Mousses tendres et vieilles charrues
Sœurs invisibles aux joues ardentes
Unies par l’ivresse et le feu

Sage silhouette sur des planches tressées
Rythme lent d’une chanson oubliée
Des mots encombrés de bourgeons
Qui bercent des abeilles en plein vol

......................................
j’attends janvier
j’attends la première fois
et j’entends déjà
sa première voix
.....................................

jeudi 6 décembre 2007

Sophie


Mûre claire et lumière en poudre
Femme à la robe douce et blanche
Couverte de jasmins cristallins
Aux doigts amusés sur un archet

Tu danses le jour la tête légère
Tu chantes la tête errante
Éparpillant des roches tendres
Brodées de bouquets d'émeraudes

Femme aux yeux de joie
Découpée d'anémones dérisoires
Des bras remplis de cordes
Vibrantes à la moindre tendresse

Tu salues mille sons
Et parée de mille chants
Tu rêves de mille rires


………………………..
au grand air
la peau humide
ravie d'être belle
…………………………

lundi 15 octobre 2007

Un après-midi au Louvre


luciole au vol au milieu
d'une corbeille d'hirondelles
sous des miniatures persanes
mille chevaux au galop
pour une femme qui se noie

cœur en arrêt sous un arc
feu aux cheveux tremblants
ni les rires ni son désir
ne ravivent les sourdes sauterelles
que ses doigts portent

un grand regard nourricier
un fragment de vie trop court
à l'air libre des anneaux d'or
elle réinvente un sang doux
et tisse sa mémoire toute seule

ni charnel ni enflammé
son corps accueille l'avalanche
d'un après-midi rapide et intime
entre terre grise et aile arrachée

le sillon de son sourire
traverse mon jour d'octobre

…………………………
un après-midi
en iran
au seizième siècle
………………………….

lundi 30 juillet 2007

Marianne

Des pierres perdues sur une peau
Un pied qui se pend dans le vide
Bouquet utile sur toute la chair
Éclaboussures de soleil sur un bras

Elle se hisse sur son houx

Mille rimes sous ses doigts
De phare en phare aux éclats blancs
À l'ombre des écluses de demain
Juchée sur une péniche de pacanier

Du jasmin aux yeux

Une viole au vent

et du vent
autour du cou

vendredi 29 juin 2007

Sarah

Des oiseaux dans le cœur
Une plume dans la tête
Lampes luisantes à chaque paupière

Les doigts pour délester
Le poids d’un lourd sommeil
Pour quelques ailes d’alouettes

C’est ainsi que naît
Un portrait d’air frais
Pour saluer le vol de chardonnerets
Sur un brasier de diamants

Elle sort d’un bain de lumière
Odorante dans sa blouse ardente

il faut la voir
quand elle vit

étonnement
femme
………………………….

lundi 18 juin 2007

Nadia

Parmi les bijoux de ses doigts d’agapanthe
Et ses cils de cristal qui frissonnent aux vagues
Elle s’accroche à chaque feu
Une feuille à chaque joue

Elle donne ce que l’arbre lui donne
Mille sourires, des fruits indolents
Une ardeur, des mains chaudes
La splendeur, des heures de bonheur

Du sable aux yeux
Elle se glisse dans les cieux
Des mots aux bras
Elle se dit libertine

Et n’écoute
Que le son

…………………..
le son
de son cœur
……………………

dimanche 20 mai 2007

Azilise

bijoux de bégonia
aux doigts
sitôt dorés

indifférente aux reflets
aux ronces
aux routes interminables

légèreté d’une gentiane
négligée
gênée de plaire

telle une éternelle tourmentée
étourdie d’un sirop
de camomille

toute nue
trempée de trèfles
frangée de chrysanthèmes
elle éparpille ses clématites
lassée de vivre

chaque jour plus posée
le soir dans son manteau
le temps d’un mystère révolu
elle est plus belle qu’un bouquet
de lycaste
de cattléya

……………..
ses orchidées
préférées
…………….

jeudi 26 avril 2007

Sur son alisier

à tâtons parmi ses cartons d'anis
entravés dans des épis de crayons
une alise vagabonde toujours au doigt
elle mesure la poussière des rayonnages

du midi au soir perchée sur un arbousier
rempli de mille libellules transparentes
c'est le vertige de sa voix d'abeille
c'est la guirlande sur son cheveu volatil

.................
de la jolie
récoleuse
en papier
.................