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mardi 29 janvier 2008

Rue de Prony


Voici une rue qui me rappelle mes années de lycée, nous avions 16/17 ans, je la raccompagnais au boulevard de Courcelles où elle habitait (moi j'étais rue de Sablonville à la limite de Neuilly-sur-Seine) et on passait par cette rue de Prony qui s'ouvre au nord sur le parc Monceau où on allait se promener les samedis. Elle était jolie et sentait toujours le propre. Nous nous sommes perdus de vue depuis fort longtemps maintenant…

Des années plus tard, c'est par hasard que j'ouvre le dossier de carrière de Prony. Il est né à Chamelet (dont une rue porte son nom) dans le Rhône, le 22 juillet 1755, et décède à Asnières le 29 juillet 1839. Gaspard Clair François Marie Riche de Prony, est ingénieur de l'École des Ponts et Chaussées. Son dossier est dans F/14/2304/2, il contient 136 pièces dont un imprimé qui résume tous ses travaux et son parcours professionnel (on lui a également accordé la Légion d'honneur le 5 août 1814, chevalier, d'officier et de commandeur, les dossiers sont en LH/2232/37 et LH/2324/45, il devient ensuite baron et pair de France). On y apprend qu'il développa un mécanisme pour la machine à vapeur appelé frein de Prony destinée à fournir de l'eau aux quartiers de la rive gauche de Paris.

On trouve aussi quelques pièces dans F/14/2153 mais uniquement sur le cadastre dont il devient directeur entre 1791 et 1797 (c'est lui qui en pose les bases de ce cadastre comme moyen d'asseoir l'impôt foncier).

Voilà. Comme quoi une simple plaque de rue et des archives font souvent ressurgir d'agréables souvenirs de fleurette…

mardi 21 août 2007

Rue de Bièvre

(Rue de Bièvre, autrefois)

(Rue de Bièvre, aujourd'hui)

Il existe aussi une rue de Bièvre à Antony, cherchez l'erreur à part que celle de Paris n’est plus barrée depuis la mort de Mitterrand. Dans les deux cas, notre Bièvre y coule dorénavant sous la chaussée, c'est donc une rivière souterraine qui arrivait pourtant jusqu'aux actuels Gobelins (13e arrondissement) en passant par les jardins du Museum d'histoire naturelle, comme je l'ai appris en lisant un vieil ouvrage aujourd'hui épuisé, La Bièvre, de Buc à Paris, une promenade d'autrefois par Florence Pizzorni-Itié.

On y apprend plein de choses sur Guyancourt où la Bièvre prend sa source, ainsi que sur toutes les communes traversées par celle-ci dont Jouy-en-Josas (et ses fameuses toiles), Saint-Quentin en Yvelines (là où je vais peut-être m'inscrire pour mon master professionnel d'archivistique), Bièvres évidemment, Igny, Verrières le Buisson, Massy (voir mon ancien billet sur la balade dans ces communes), Antony, Bourg-la-Reine, Arcueil-Cachan (villages séparés en 1922), l’Hay-les-Roses, Gentilly dont plusieurs quartiers furent réunis à Paris en 1859 alors le son territoire jusqu'alors était vraiment très étendu et comprenait le Gentilly actuel mais aussi Glacière, Maison-Blanche, etc. (aujourd'hui ce sont les noms des lignes de métro).


(les bords de la Bièvre, autrefois)


(les bords de la Bièvre, aujourd'hui)


Plus loin, la Bièvre, longue d'une cinquantaine de kilomètres, en pénétrant dans la capitale par la poterne des Peupliers, devient un affluent de la Seine et se jette en amont du pont d’Austerlitz. Mais parce qu'elle fut polluée et souillée pendant plusieurs siècles par les manufactures (établies à Jouy entre autres) et les artisans (les tanneurs, les chamoiseurs entre autres), elle fut couverte entre 1850 et 1912 et mise à l'égout.Il existe aujourd'hui des Amis de la Bièvre qui organisent entre autres une marche de nuit de 50 kilomètres sur le parcours de la Bièvre et qui, d'après leur site http://www.bievre.org/index.htm, avait accueilli 1690 participants lors de la dernière la marche (avril 2007). Leur petit musée virtuel est une merveille !

vendredi 17 août 2007

Rue des Ursins

(la fausse maison médiévale de la rue des Ursins)

Il faut toujours prendre de bonnes habitudes, comme celle de pouvoir changer très souvent et facilement ses habitudes ! C'est ainsi que le matin vers 7h30 du matin en allant aux Archives et en venant de ma banlieue sud verdoyante, je descends tantôt à Châtelet-les-Halles tantôt à Saint-Michel-Notre-Dame du réseau de la ligne B, et je traverse les ponts de la Cité et de l'île Saint-Louis, une vraie et belle partie de plaisir à l'heure où les gens se réveillent ou se couchent, moi, je traverse les rues médiévales.

J'ai toujours été intrigué, à l'angle de la rue des Ursins et celle des Chantres, par ce bel hôtel type médiéval ou renaissance portant une indication montrant le niveau de la crue de 1910.

En réalité il s'agit d'une "fausse maison médiévale". Je ne vais pas refaire l'historique de cette rue, mais juste en quelques mots, ayant remarqué une inscription manuscrite indiquant "rue des Ursins, anciennement rue de la demoiselle au cœur d'argent" (!), j'ai été obligé de me documenter sur internet (merci à tous ces anonymes des différents sites qui ont déjà fait l'histoire de cette rue, je ne vais donc pas les répéter).

Et en fait, je n'ai vu nulle part la dénomination "rue de la demoiselle au cœur d'argent" et pour cause, la rue des Ursins étant précédemment la rue Basse des Ursins puis la rue Saint-Landry ou rue du Port Saint-Landry ou grande rue Saint-Landry sur l'Yaue, rue Basse du Port Saint-Landry au XVIe siècle et rue d'Enfer (j'ai vérifié sur les anciens plans). Ce bâtiment n'est pas non plus l'ancien l'hôtel des Ursins mais un ancien hôtel des 2 Lions-épicerie-marchand de charbons, etc., restauré par l’architecte Fernand Pouillon au XXe siècle.

(avant - après)

Voilà un mystère levé, dorénavant en passant par cet hôtel particulier en compagnie de quelqu'un, j'aurais au moins un sujet de conversation…

lundi 23 juillet 2007

Rue des Archives

(début du XXe siècle)

C'est vers 1700, en quittant leur maison de la place Royale (aujourd'hui place des Vosges) que la princesse de Soubise décida avec son époux, de transformer l'hôtel de Soubise en un somptueux palais. On choisit Pierre-Alexis Delamair comme architecte et la construction commença en 1704. Un arrêt du Conseil du roi d'avril 1705 autorise le prince à remplacer la fontaine publique située à l'angle des rues du Chaume (aujourd'hui rue des Francs-Bourgeois) et de Paradis (aujourd'hui rue des Archives) par un simple regard d'eau.

(début du XIXe siècle)

L'édicule existe encore (on le voit sur les deux photographies), il porte l'inscription suivante : Anno MDCCVI. Ut daret hunc populo fontem certabat uterque : Subisius posuit moenia, praetor aquas autrement dit "Année 1706. On a rivalisé pour offrir cette fontaine à la population : Soubise a construit l'édifice et les édiles ont fourni l'eau". Le prince décida aussi d'élargir la rue et d'aménager une demi-lune devant son entrée.

Dans un prochain billet on verra en quelle année furent exécutées les Quatre saisons qui ornent le premier étage de l'hôtel de Soubise.

Allée des Cordiers

Noyée dans un marc de café
Si forte dans son vêtement d’orange
Elle se prélasse dans une cire de marne
Le corps trempé dans un vin doux

Elle délaisse un sein nu
Aux seuls oiseaux persans
Qui peuplent son allée
Perdue dans le nord

Je vois une vallée
Un nuage des amants
Une haie des flammes

Une maison sans rires
Treize petits soupirs

un ennui
un enfer

un départ

vendredi 20 juillet 2007

Rue Mazarine

Feux de robes sur le bord d’un fleuve
Porte cochère polie de mille feux
Une femme au passé pesant

Elle se faufile les seins en avant
Parmi le sommeil des arbres tremblants
Beauté double d’une vie tourmentée

Voici que cessent les caresses
Longtemps éprise d’un ciel nocturne
Jour et nuit contre l’ennui

Inutile et éphémère
Entre les barreaux d’un colombier
Ses sages persans au visage immobile

…………………….
et elle redevient
libre
une fois de plus
………………………

lundi 11 juin 2007

Boulevard Raspail

belle coquette dans une sapinière
en cette saison où des légions de
sansonnets secouent ta séduisante
chevelure de sépales séraphins

des orages dans tes yeux d’aurore
des chérubins dans ta voix dorée
où d’innocentes abeilles renaissent
sans cesse alourdies de bonheur

et ce papillon sur ton cheveu
ce parfum de steppe sur ton pied
une pétale persane perdue à paris
boulevard raspail un neuf juin

……………………….
je ne connais
pas même
ton prénom
…………………………

lundi 4 juin 2007

Rue Daru

Cachée sous un tourbillon de coton
Tombée dans ce crépuscule cristallin
Sous une ondée de sable
Au goût d’un genêt glacé

Tu te pares de vives fougères
En cherchant le vide de la nuit
Comme un objet sans odeur

Parfumée de lavande ardente
Avec ce laurier qui t’accompagne
Me trouves-tu si inexistant
Toi aux couleurs de mille hirondelles

Aux couleurs d’immortelles icônes
D’immatérielles cyclamens
Qui tapissent ta crypte

Et ta présence sur ces arbres
Qui s’irisent de spirées desséchées
Sur ces chemins aux couleurs de juin

Partout

………………………
comme un
passage vers
l’éternité
………………………

vendredi 12 janvier 2007

Pluie à Paris

L’air se reflète. La pluie se répète. Goutte froissée. Murmure. Les mots remuent, le vent susurre. Extraire une couleur de sa gangue de poussières moites entre silence illisible et lumière déchirée. La mer voyage. L’écume s’embaume de vigne. Les mots inusités s’acharnent contre l’ombre des arbres. Des lettres dépossédées perlent aux branches. Le vent s’est levé. Un cri délivré.
……………………………
ailleurs
il fait pourtant
beau
………………………….…

mardi 9 janvier 2007

Hiver à Paris

Hiver collé au ciel. Des promeneurs. Il manque une minute à l’horloge. Par instants, on flaire le vent, on frôle le temps. Au bord des quais, ignorés des bruines, des perce-neiges. En janvier. Parure de printemps, le réverbère de l’île compte les miroirs des lucioles. L’air ruisselle. Encre, mots blancs, le vent goûte le sel. Des marcheurs. Le ciel colle.
……………………………
quinze degrés
celsius
un dix janvier
………………………….…