Nous aimons les puzzles Sindbad

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vendredi 2 mai 2008

Soizic à Brest


Sur un coquillier rouge rempli d'agapanthes
Le long d'une rade illuminée d'insectes
Voici ses doigts clairs couvert d'abeilles

Et sur un gréement accroché à un orage glacé
Sa chair semble attachée à des oiseaux enflammés

Une mer qui entre en ville et qui multiplie sa voix
Qui brise un tonnerre au sommeil léger
Plus qu'un regard de porcelaine un visage qui écorche
Et des cheveux tenus par un phare

Fuyante à jamais née d'une rafale de vent dépouillé
Née dans la paume d'une vague sans rivage
Ici un jardin de bruyères sous un moulin à marées
Là un pont suspendu sur des berges de dentelles
Montagnes noires au grand air marin
Sa tête que de longs bambous inondent
Ses mains de noisettes gantées de granit

m'ont affolé le jour où je l'ai vue

.......................................................................
en souvenir de ses yeux grésillants de feu
en souvenir des bateaux accrochés à son cou
un matin au quartier saint-martin
............................................................................

mardi 8 avril 2008

Parfum de Carnac


Des pierres dressées sur leur nid
À perte de vue comme des épis
Des phares sur l'herbe
Des feux dès l'aube trempée

Il y a ce chemin d'ardoise ciselé derrière une clairière
Cette fièvre lointaine partagée à chaque moment
Le fruit d'un diamant aiguisé d'écailles de lézard

Nous avons caressé tant de marées lumineuses
Un instant de notre vie

Un chemin d'agate comme une promesse inconnue
Pour fuir l'écume endormie que tu possèdes
Toujours masquée d'une dentelle de chair
Vive et déshabillée dans ton sommeil
Une pure merveille condamnée


Voyez ses seins promis à un bain de pavot
Voyez sa robe ardente émaillée de plomb
À l'annonce d'un printemps de parfum
Partagé par touffes aux océans troublés

Qu'elle voit naître de son lit

..............................................
affamée d'amour
et
parfumée de pierres brûlantes
...................................................

jeudi 6 mars 2008

Auray, un matin


Cette ondée dans tes yeux
Parmi tant de feux
Une récolte de rosée
Récolte d'une nuit
Qui fuit au petit matin

Tendre chair de lavande
Au chevet d’un lit de lande
De pierre, de perle, de plume
Pour ton corps délicat
Fruit de l’aube si parfait

Entre ton regard d’enfant
Entre ton sourire désarmant
Entre cette marée paresseuse
Cette chevelure dans ce drap
Ton corps pour toute une vie

ton corps pour toute ma vie

……………………………….
je désire te voir
te voir naître
tous les matins
……………………………….

lundi 3 mars 2008

À Sainte-Anne-d'Auray


Éclat de joie sur une joue de soie
Tu ris d’être plus belle qu’une perle
Tu ris d’être fête en toute saison
Vivante de feu pleine de chair vive

Ta force c’est ton fruit immaculé
Ta foi crépite dans cette crypte
Où des larmes lacérées de lueurs
Sans douleurs sans couleurs
Traversent des icônes par milliers

Et tu écris avec du vent
De ton sourire de chat
Et le matin revient
Il revient toujours

pour commencer un rêve de jour

……………..
à auray
……………..

samedi 5 janvier 2008

Sophie à l'Aber-Wrac'h


Doigts tremblants à l'ombre d'un ouragan
Pour dévaster un cœur en hiver
Pour remplir un cœur de vagues
Pour jurer d'une promesse en janvier
Et déchirer un ciel de libellules

Pour fuir ses yeux tranquilles
Pour éteindre les feux de ses joues
Par brassées dévorantes
Pour semer son parfum vert
Et étaler son ombre chaude


mais
se contenter

………………
de son écho
seul
…………….....

vendredi 21 décembre 2007

Son jardin à Carnac


Pour sentir en un seul jour son unique parfum
Incertain parmi ses fleurs intimes
Et prendre feu à vivre ici les mains en sang
Parmi le bruit des coquelicots qui se ferment

Peau vivante au goût de sève florale
Réunie ici entre rosée et fourrure de fête
Oubliée des hommes au torse de velours
Pierres indestructibles qui pendent au jardin

Ici vit une femme fine
Une lourde croix au doigt
Des mains brûlantes et des bras brillants
Cri de joie dans un champ humide

Les fleurs les graines les couleurs
Les herbes les ombres les arbres
En elle

………………………
tout respire
……………………….

(texte et photographie, printemps 2007, Carnac)

mardi 13 novembre 2007

Retour de Roscoff


Sommeil vert d'un frêne bouillonnant
C'est une femme rouge sous une pluie
Lit de sang frais longtemps caché
C'est une sauge matinale gorgée de lait

Sur un banc maquillé en ombre
Un air purifié d'un cœur éveillé
Un feu lustré d'un œil oublié
Nulle résistance à ses grappes de vie

Reine mêlée de porcelaine brûlante
Redoutable innocente aux bijoux dévoilés
Joues remplies de chardons innombrables
Des jours d'automne aux mains boueuses

Rien ne se dit entre les gouttes de rires
Le corps visible qui ravage le brouillard
Femme honnête au bord d'une source
Entière et claire qu'une mousse recouvre

Le vent attire les graines en songe
L'odeur d'une veine tremblante mêlée au miel
Dernier honneur à tâtons entre ses murs
Dernier bruit de son cœur humide

Au risque d'éteindre l'ivresse
Fruit d'une flamme non étreinte
Parmi ses images éparpillées
Tant d'instants sans mémoire

……………………………………………..
immenses bonheurs murmurés
pour
une simple heure
avec elle
……………………………………………..

samedi 22 septembre 2007

Retour d’Auray

À l’ombre de ses joues tranquilles
Entre mer et vie enlacées
À elle la jeunesse passionnément
Au seuil d’une tempête de silence

Un espoir vif
Loin des pierres droites
Des plumes impalpables
De son lit chaud

Plus légère qu’une vigne irisée
Sans songer aux caresses lointaines
Des deux saisons passées
D’un frisson à l’autre

Seins et fruits liés
Guirlande de soie et d’orange
Un bain dans la mer morte
Et la vague mûre

Prend la forme de sa mémoire

……………………
d’un bout à l’autre
d’un rêve immobile
……………………

samedi 8 septembre 2007

Armelle à Carnac

Pour un bouquet de lys
Pour un corset de cire
J’ai tendu les doigts sur sa chair
Parsemée de mille pistils

Sur un pied de danse
Entre deux lumières
Éclat de feu à chaque foulée
Promenade sur sa poitrine


Et sur une voix de lait
Entre deux sourires de laurier
Elle brise les séraphins d’une étole
Pour découvrir l’éclat de son auréole


Miettes de joies sur une moisson
D’ariettes oubliées
Une saison comme un livre visible
Une saison comme une encre paisible

Toute cette vague de fraîcheur


……………………………………………….
qu’elle m’offre sans partage
………………………………….…………….

vendredi 10 août 2007

Loin de Carnac

De framboise la bouche rêveuse
L’arbre de mousse soumis au même souffle
Fruits rouges et fleurs en flamme

Oublions les haies
Le blé du ciel
Et le lit défait

Sous une laine assoupie
Tunique de mousseline
Où se devine une feuille de vigne

Prête à se donner sans remords
Mésange entre deux fruits mûrs
Brûlante de désir
Mais bardée d’armure

Nous n’avons que deux jours
Loin des bijoux fleuris
Pour refaire l’aurore

………………………………
une nuit
une seule nuit
secrètement
……………………………..

mercredi 6 juin 2007

Armelle au grand coeur

Libre sur un tamarin transparent
Un cerf volant au pas léger
Sur une mer au goût d’amélanche
Cette promesse de la même force

Nulle part des cils de cristal
Nul chant d’un enfant heureux
Aux yeux d’une steppe en feu
Comme un brasier de miroirs

Vêtue d’une mousse d’arbouse
Heureuse sans retenue
Noyée de joie et de lumière mêlées
Où seule son image se reflète

Où seul le rivage se gonfle
Comme un cœur au grand jour

……………………….
un jour
à carnac
...............................

vendredi 18 mai 2007

Armelle sur l'île d'Arz

Vêtue de volatiles volubilis
Elle taquine de ses doigts un granit brûlant
En trempant ses joues dans une mer bouillante

Entièrement vêtue d’arôme de violette
Elle désire naître dans un flot de miel rose
En déchirant des morceaux d’algues

Elle dévoile un sein
Découpé dans une mousse céleste
Puis marche sur le Scorff

Le visage éclairé d’air pur
D’un printemps salé
Légère et libérée

……………………….
comme à son
premier jour
………………………..

samedi 12 mai 2007

Un matin sur les îles d'Er

Tout ton corps en mouvement
Ruine d'une nuit au milieu d'étranges buis
Traversés d'un vol de psylles que le matin déchire

En écartant de tranquilles feuilles
À la sève endormie
À la lèvre délivrée

Tu te dis belle
Au fil des jours

Et cette odeur de cytise dans ce cheveu
Où dansent mille syrphes lumineuses
Où chantent des myriades d'abeilles

Chaque jour plus belle
Le monde renouvelé
Une hymne quotidienne

Nue dans ton lit de lys
Une lycaste sur ton pied
Enflamme mon âme

.............
toi vivante
et moi vide
toujours invisible
.............

jeudi 10 mai 2007

Armelle sur l'île d'Hoëdic


Collier d'albâtre palpitant au cou
Tu t'accroches à des larmes de cailloux
Paupière remplie d'orage
Et chevelure de bris d'orange

Tu vis
Tu gardes le soleil pour toi
Sous ton corset de citron
Un feu à chaque coin du miroir

Douce vestale à la chair versinthe
Au front crépitant de fruits jeunes
Verveine sur le bord d'une lèvre
Tu t'évanouis

Tu t'évapores

…………………………………
et je garde
et te regarde
jusqu'à épuisement
…………………………………

vendredi 13 avril 2007

Un jour à Carnac

les pierres s'affolent
dans sa poitrine
et plus rien ne la retient

sang aux joues
l'océan se dissipe
dans sa poitrine

aube éternelle
hermine aux yeux
elle cache le sable

infiniment attentive
aux lueurs inutiles

sa vie seule m'intéresse
survivre à l'absence

.................................
une femme s'en va
et rien n'est perdu
.................................

vendredi 16 février 2007

Un matin sur l'île d'Arz

Vagabondages sur sa chevelure
Traversée de vagues tièdes de valériane
Un souffle d’armoise en plein été
Sur un amas d’anémone en plein vent

Elle respire
Flambeaux d’océan sur sa dentelle
Lambeaux de mille couleurs dispersées
Comme les capitules d’une camomille

La mer au loin parfumée
La femme s’en est allée
Une chaussure d’arbousier
Oubliée à l’ombre d’un néflier

Femme marine
À la paume de fraisier
Offrande des cieux
Icône insaisissable
………………………………………..

mardi 23 janvier 2007

Entre Ploumanach et Penhoët


rocher en équilibre sur un cheveu
parmi une pellicule de galets
éclaboussés de lumière

dentelle ruisselante au corps
entre genêts et fougères
le ciel est de gros grain



un brasier silencieux
sur une marée paresseuse
d’un bras de mer égaré

la mer disperse les cendres de granit
dans une illusoire clarté
d’une crypte boisée
à l’odeur têtue de mousse

…………………
armor, armorique
…………………

vendredi 19 janvier 2007

Armelle sur l'île d'Houat

Ses bras sont des ruisseaux
Où coulent dauphinelles des mers
Et sagittaires

Elle s’accroche aux remous
D’une vague à l’odeur de perle
Et disparaît sous une moisson
De tamaris
Câline et libérée

Sur sa dentelle de blé rose
Une dernière fleur de buis
Une dernière goutte de pluie
D’une nuit sauvage

Naïve sur la plage
Mille droseras sous les bras
Un instant sous un écho
Un instant sur une ombre

Nue et solitaire
Comme une chaleur
Comme une marée capricieuse

Femme de grande lumière

…………………………….
elle porte une vie
elle apporte la vie
……………….…………..