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lundi 28 janvier 2008

Les tours de Notre-Dame


Je passe presque tous les matins devant ce monument (depuis 1989 !) sans songer un seul jour à visiter ses tours hautes de 70 mètres et au sommet de laquelle on peut découvrir une vue panoramique unique du Paris-Centre. C'est chose faite depuis ce samedi. Profitant de l'heure matinale, de la douceur printanière de janvier, du soleil et du peu d'affluence, j'ai donc grimpé les 400 marches à vis pour la galerie des chimères au 1er étage (il y a trois étages distincts encadrés chacune par deux grandes tours quadrangulaires). Puis par un autre petit escalier, en vis aussi, on peut apercevoir Emmanuel : le fameux bourdon de plusieurs tonnes. C'est la plus vieille cloche de Notre-Dame, elle date de 1631 mais refondue depuis.

Je passe sur les animaux fantastiques perchés sur les tours, on en déjà fait des tartines, y compris pour celle de la célèbre stryge, littéralement "oiseau de nuit" qui s'en prenne essentiellement aux nouveau-nés en leur suçant le sang ou en les enlevant de leurs serres crochues...tout un programme.

Un beau panorama s'offre enfin tout au sommet de la tour, l'église Saint-Séverin, Saint-Supice, la Sainte-Chapelle, l'Hôtel-Dieu, le Petit-Pont, le pont Saint-Michel, la Préfecture de Police, tous les quais (Montebello, Saint-Michel, etc.), tout y passe !

À voir donc.

samedi 5 janvier 2008

Sophie à l'Aber-Wrac'h


Doigts tremblants à l'ombre d'un ouragan
Pour dévaster un cœur en hiver
Pour remplir un cœur de vagues
Pour jurer d'une promesse en janvier
Et déchirer un ciel de libellules

Pour fuir ses yeux tranquilles
Pour éteindre les feux de ses joues
Par brassées dévorantes
Pour semer son parfum vert
Et étaler son ombre chaude


mais
se contenter

………………
de son écho
seul
…………….....

vendredi 21 décembre 2007

Son jardin à Carnac


Pour sentir en un seul jour son unique parfum
Incertain parmi ses fleurs intimes
Et prendre feu à vivre ici les mains en sang
Parmi le bruit des coquelicots qui se ferment

Peau vivante au goût de sève florale
Réunie ici entre rosée et fourrure de fête
Oubliée des hommes au torse de velours
Pierres indestructibles qui pendent au jardin

Ici vit une femme fine
Une lourde croix au doigt
Des mains brûlantes et des bras brillants
Cri de joie dans un champ humide

Les fleurs les graines les couleurs
Les herbes les ombres les arbres
En elle

………………………
tout respire
……………………….

(texte et photographie, printemps 2007, Carnac)

mardi 11 décembre 2007

En attendant janvier


Cendres de miroirs dispersées dans une sapinière
Mains boueuses réchauffées à la lueur des astres
Voici son sommeil épais brouillé de chardons évidés
Entre des gouttes de brouillard et des lianes de vignes

Ni les éclairs enchantés de son soulier fin
Ni les bijoux brûlants de sa mousseline diurne
Ne cachent les mandarines que ses doigts portent
Ni ne diluent les grappes limpides de ses épaules

Un univers musical dans son jardin
Mousses tendres et vieilles charrues
Sœurs invisibles aux joues ardentes
Unies par l’ivresse et le feu

Sage silhouette sur des planches tressées
Rythme lent d’une chanson oubliée
Des mots encombrés de bourgeons
Qui bercent des abeilles en plein vol

......................................
j’attends janvier
j’attends la première fois
et j’entends déjà
sa première voix
.....................................

jeudi 6 décembre 2007

Sophie


Mûre claire et lumière en poudre
Femme à la robe douce et blanche
Couverte de jasmins cristallins
Aux doigts amusés sur un archet

Tu danses le jour la tête légère
Tu chantes la tête errante
Éparpillant des roches tendres
Brodées de bouquets d'émeraudes

Femme aux yeux de joie
Découpée d'anémones dérisoires
Des bras remplis de cordes
Vibrantes à la moindre tendresse

Tu salues mille sons
Et parée de mille chants
Tu rêves de mille rires


………………………..
au grand air
la peau humide
ravie d'être belle
…………………………

mardi 13 novembre 2007

Retour de Roscoff


Sommeil vert d'un frêne bouillonnant
C'est une femme rouge sous une pluie
Lit de sang frais longtemps caché
C'est une sauge matinale gorgée de lait

Sur un banc maquillé en ombre
Un air purifié d'un cœur éveillé
Un feu lustré d'un œil oublié
Nulle résistance à ses grappes de vie

Reine mêlée de porcelaine brûlante
Redoutable innocente aux bijoux dévoilés
Joues remplies de chardons innombrables
Des jours d'automne aux mains boueuses

Rien ne se dit entre les gouttes de rires
Le corps visible qui ravage le brouillard
Femme honnête au bord d'une source
Entière et claire qu'une mousse recouvre

Le vent attire les graines en songe
L'odeur d'une veine tremblante mêlée au miel
Dernier honneur à tâtons entre ses murs
Dernier bruit de son cœur humide

Au risque d'éteindre l'ivresse
Fruit d'une flamme non étreinte
Parmi ses images éparpillées
Tant d'instants sans mémoire

……………………………………………..
immenses bonheurs murmurés
pour
une simple heure
avec elle
……………………………………………..

mercredi 7 novembre 2007

Son collier bleu et blanc

D'écume et de ciel vêtue
Des mains remplies de poupées
Des mains de silex sur des lèvres mûres
Disparues au moindre cri de l'automne


C'est une femme qui aime
Loin des fenêtres de fourrure
Et des bouleaux blancs d'un pays
Traversé de vagues et de feuilles


C'est sur son corsage serein
Un diadème ouvert comme un coquillage
C'est sa part nourricière
Celle qu'elle m'offre en écho


Pour fuir un jour obstiné
Rempli de promesses de paille
D'espace
Entre le pollen frais


Et une moisson de rubis
Qu'elle porte au cou
Les seins aigus à peine sacrifiés


mais au delà
………………..
règne
l'interdit
………………..