Nous aimons les puzzles Sindbad

vendredi 5 septembre 2008

Pistache amère posée à l'envers


Alerte et étonnée pour un simple mot qui manque
Tu accroches de la glace à un cheveu acajou
Cherchant le poids d’une ortie lancinante
La tête remplie de mouches silencieuses

Découpe cet aiguillon de sauterelle
La chair décente aux dimensions éprouvées
Ton front peut se couvrir de racines salines

Et ta beauté ignorée peut s’étaler
Transparente comme une épée

……………
incendie
dans un
pistachier
…………..

mardi 2 septembre 2008

Des coquillages trempés d’un lait tiède


C’est une bague fondue dans un bain de chenilles
Chenilles pourpres inondées de plomb
C’est une branche insensible dans un gouffre aéré
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C’est pour une boîte d’amandes tiédies
Jetée dans un puits fané
Qu’elle porte ce collier afghan
De coquillages trempés de lait oublié
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Elle se pare de palmes indécentes
Toujours éblouie effrontément
Et baignée d’aiguilles grillées
Sous des lumières parallèles
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Un geste ouvert dès son retour de la mer
Vêtement satisfait couvert de plaisir
Un bras mouillé étrangement blanc
Et un sein plat enveloppé de raisin aigre

Voici que tombe la foudre étonnante
Avec hâte et chaleur précieuse

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le souci
du retour
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lundi 1 septembre 2008

Corylus cuivré dissimulé derrière un miroir mercurisé

pelure de cédrat sur une peau
peau d'étain parfumée dès l'aube
entre un doigt qui brûle
et cet horizon en flamme

écorce d'un bigaradier écarlate
soigneusement secouée
qui embaume ton peigne

et sortie d'un brasier d'oranges
sanguines
d'un jardin où mille sittelles jaillissent

et coiffée de noisettes éternelles
tu allumes les hellébores
une à une

sagesse de plomb brillant
souvent parée
assise

écrasée d'asters la bouche à l'ombre
aurore striée de crème verdâtre
fleurissante à toute heure
sur des murets énigmatiques
aux couleurs d'étoiles vert
chartreuse

finir de croiser les pulsatiles
à petits pas vers une racine unie
endurcie

et libérer une eau de noix
parmi la violette le murmure
le lilas et les fruits touffus

…………
sophie
en son
jardin
…………..

lundi 25 août 2008

août, fin

morceaux de charbon bleu aérien
dans un âtre éthéré
délaissé de ses corneilles
ce sont les débris d’un chapelet agglutinés
mystérieusement
c’est un nœud de mousse aux couleurs trompeuses
un astre pareil à du chardon des champs
cerné de feuilles dorées : voici la myrtille

des filles orangées réunies en perles au milieu d’épines
les seins sensibles au sel des liserons des bois
voyez cette flamme sarmenteuse secouée de mille drageons
voyez ce chaudron de corail à l’odeur d’herbes rôties
où flambent des fruits métalliques : voici le framboisier

lundi 11 août 2008

août, milieu

des veines de sang sur des vitres grenues
aiguilles nouées à de collantes guimauves
qui sonnent les heures comme des chants
des yeux globuleux comme une promesse
et du soleil grené à peine froid
là où ses fruits illuminent des robes
parcourues de gypse : voici le grenadier

chasse au sorbet coiffé de casseille
deux corbeilles de rosaires touffues et acides
sur un bout de langue tourmentée
des fruits ailés couronnés de mouches impériales
démesurément rondes accrochées à un lustre
de boules de neige au goût plutôt âcre :
voici le cassissier

vendredi 8 août 2008

Châtaignier en flamme sur une table en cire


Fileuse de lin mouillé sur une araignée
Par gorgées intelligentes sous les aiguilles
Brûlée de frissons opposés
Qui obscurcissent mes pensées

Dans les boutons de sa couronne
Douloureux mélanges de troupeaux
Et quelques oiseaux égarés
Couverts d'un iris en acier

Buste innocent orné de bois
De bois en croix

Un jardin ouvert sur une hêtraie bouillonnante
Espace en friche brouillé de vin interdit

Des mirages secoués d'insectes appliqués
Qui pourchassent son voile imaginaire

violence d'une voix

………………………
sophie
à l'arboretum
……………………….

vendredi 1 août 2008

août, début

arche violette lumineuse de lilas
orchestre voué à la couleur du velours
une liane métallique accrochée à un chrysomèle
espoir d’une ultime floraison en panicules
c’est une boule qui s’effondre
ignorante des ombres mauves et des tiges lascives :
voici le buddleia